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5 février 2011

Paris - Mantes : 54 km à pied, ça use, ça use …

Samedi 29 janvier. Mairie de Boulogne. Minuit sonne, le thermomètre grelotte en dessous de zéro et pourtant ils sont plusieurs centaines à s’élancer pour cette 76ème édition de Paris-Mantes. Parmi eux, David, Philippe, Clotilde, Thomas, Laurent et Paul-Marie représentent Issy Escalade. Au programme : ni plus ni moins que 54 km de marche pour rejoindre Mantes-la-Jolie.
Oui, je sais. J’entends déjà quelques voies murmurer : « C’est quoi ce truc de félés ?!… Ils n’ont pas mieux à faire un samedi soir ? ». Non, ils n’ont pas mieux à faire …
Evacuons donc ces questions métaphysiques car pour l’instant, il s’agit de marcher. Evidemment, au début tout va bien. Il règne même une certaine gaité et fierté de participer à cet événement sportif. Mais la nuit et le froid vont se charger d’éteindre peu à peu la flamme et laisser quelques doutes s’insinuer doucement dans les esprits. La lassitude gagne et le niveau des conversations s’en ressent.

Extrait (par respect et indulgence, l’anonymat des auteurs des échanges qui suivent sera préservé) :

- 34 km, encore 20
- P’tain
- Ce qui va être dur, c’est le trajet jusqu’à la gare (*)
- Ouais, p’tain …

(*) Une fois passée la ligne d’arrivée, il reste environ 500 m pour rejoindre la gare … à pied !

A mi-course, à hauteur de Maule, un de nos représentants (non, je ne balancerai pas …) en a plein les godasses et décide de jeter l’éponge. Explication d’après course à ses petits camarades : « Vous n’avez pas vu la petite flèche à Maule qui disait de tourner à gauche pour prendre un raccourci ... ». Vous l’aurez compris, le raccourci menait au chaud au fond du lit. Parfois, la sagesse a du bon …

Pour ceux qui n’ont pas vu la petite flèche, les désagréments du froid se font de plus en plus sentir. Les gourdes gèlent. Les pieds chauffent et les premières ampoules se manifestent, obligeant parfois à faire une pause « Compeed » pour panser les bobos.

Mais pas après pas, les kilomètres passent et la nuit trépasse. Mais fort heureusement, pas nos marcheurs. Et après tant d’efforts, c’est enfin la terre promise … Ou plus exactement Mantes-la-Jolie.

Verdict du chronomètre : nos représentants ont mis entre 8h50 et 9h30 pour réaliser cette odyssée.
Ce qui mérite bien un grand BRAVO !!

Suivre le parcours

Bien sûr, une telle débauche d’efforts ne va pas sans laisser quelques traces dans les organismes. Je vous livre quelques extraits des échanges d’e-mails du lendemain :

« Je suis complètement cassé et j’ai une démarche de canard boiteux. 54km, p’tain, c’est achte long. »

« Ce matin réveil normal, un peu de courbatures mais pas trop. Ce jour, c’est grand repos avec une journée à la maison sur le compte du boulot (vive les RTT) » Ouh la, là l’anonymat s’impose vraiment !

« Pour ma part, j’ai commencé à craquer à 26,5km. Nous avions fait nos calculs et pensions être à 30km… dure chute ! »

« Franchement, c’est long mais je suis content de l’avoir fait. Je n’ai pas trop de courbatures mais lorsque je reste longtemps assis ou couché, le redémarrage est long et difficile. Je marche à vitesse réduite ce matin. » Chochotte, va !

« Je suis content d’avoir rejoint Mantes, c’était l’objectif, mais il y a un petit gout de plus jamais ça. C’est long et douloureux. Respect à ceux qui font ça à haut niveau et qui ne sont absolument pas reconnus pour ce qu’ils font. »

Vous aurez remarqué à quel point le qualificatif « long » est le plus apprécié pour évoquer cette petite ballade nocturne. Mais je vous ai gardé le plus beau pour la fin. Il s’agit d’un commentaire sur le suivi du parcours enregistré par GPS. Attention, loin de moi l’idée de contester la véracité du propos. Je serai même plutôt admiratif après tant de fatigue accumulée. Accrochez-vous !

« Oui, j’ai vu le même défaut avec les résultats fournis par David. Je pense que le GPS fait des calculs de vitesse instantanée avec chaque mesure de position. La vitesse moyenne doit être la moyenne de ces vitesses instantanées. Le problème, c’est que les mesures GPS ne sont pas très précises, donc si on fait des mesures trop fréquentes, les mesures de vitesses instantanées dérivent au petit bonheur la chance. Le phénomène est plus sensible avec la vitesse qu’avec la distance, parce que la première est la dérivée de la seconde. »

Elémentaire ... Maintenant, si on vous dit que les sportifs sont parfois des doux dingues, vous pourrez répondre que ce n’est même pas vrai parce que la première est la dérivée de la seconde ou sinon … leur parler de Paris-Mantes à la marche !